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Liège en parle

Scancars : souriez, vous êtes scannés

A Liège, la police s’installe au volant de deux bolides équipés de caméras ANPR. La bonne vieille contravention sous l’essuie-glace ne sera bientôt plus qu’un vieux souvenir. On vous explique tout

Les p’tits bijoux sont enfin arrivés. Dire qu’on nous les avait promis pour janvier 2019. C’était la nouvelle de la semaine dernière : la police liégeoise débloquait un budget de 1 million d’euros pour deux “scancars”, des véhicules de contrôle automatisé du stationnement, et le remplacement d’horodateurs. Par cette mesure, la Ville emboîte le pas à Bruxelles, Molenbeek, Ixelles, Charleroi, Jette ou Knokke-Heist.

La presse nous a offert sans grande surprise un traitement de l’information globalement kif-kif. Les synergies entre La Libre et La DH atteignent désormais des sommets tant et si bien qu’on retrouve à 95 % le même texte dans les deux journaux (ça devient un peu la norme chez eux, notons).

Mais c’est à La Meuse qu’il faut décerner la mention spéciale. En employant des expressions telles que “arme fatale”, “puissance de feu” ou “efficacité redoutable”, le quotidien confond son job avec celui du service com’ de la police. Bien joué !

Au peigne fin

Pour contrer des milliers d’automobilistes qui “oublient de payer”, des agents quadrillent dorénavant la ville dans deux Renault Zoé hybrides souverainement équipées pour électriser votre quotidien, pardon numériser chaque plaque. Nous connaissons en effet aujourd’hui la caméra ANPR, comprenez : dotée d’un système de reconnaissance automatique des plaques minéralogiques.

Le modèle de la scancar vous plaît ? Adoptez-le… (Vu rue Saint-Pholien)

Avec son dispositif de 16 caméras, la scancar peut faire en une matinée le tour de toutes les places payantes de la ville. 15 000 photos par jour, annonce-t-on, c’est la tape. Même une instagrammeuse peine à faire mieux. Et la nuit, tous les chats sont gris ? Que nenni, les capteurs infrarouges fonctionnent même dans l’obscurité.

Faire sa maladie

Les vraies prunes, ce sera pour un peu plus tard. Durant une “période de test” de deux à trois semaines, des “courriers d’avertissement” seront délivrés aux automobilistes en défaut.

On a voulu d’abord tester le système et rappeler aux gens la norme. Laissez-nous un peu le temps de voir que l’appareil puisse faire sa maladie”, explique Dominique Bailly, commissaire et directeur opérationnel, au micro de la RTBF. On vous le laisse.

Le “contrôle manuel”, apprend-on, reste effectif durant cette phase de transition. A terme, le montant de la redevance sera de 40 euros. Un peu plus si votre véhicule entrave la circulation et nécessite son enlèvement : 206 (comme la Peugeot). On redoublera donc d’attention si l’on veut éviter le courrier épicé qui arrive le lendemain du petit achat chez Inno…

Questions

Dans un contexte parfois tendu, c’est-à-dire dans lequel la police manque de moyens pour assurer ses missions, les scancars permettront sans doute aux effectifs de respirer. Lors du conseil communal du 16 décembre 2019, Willy Demeyer, qui exerce au titre de bourgmestre l’autorité sur les services de police locale, l’a d’ailleurs rappelé : cette dernière “vit des heures difficiles et doit être soutenue”.

Peut-être. Mais la mise en place de la scancar ne sera pas sans poser un certain nombre de questions. On a beau scanner, des véhicules peuvent être présents dans l’espace public pour diverses raisons : en stationnement, à l’arrêt, en livraison, en service, en “dépose-minute”, etc. Toutes ces plaques d’immatriculation seront passées au crible. Bonjour pour séparer après coup le bon grain de l’ivraie… et savoir qui dit vrai.

#gcum

Par ailleurs, la scancar dissuadera-t-elle celles et ceux qui circulent en auto de “comportements sauvages”, comme le souligne sur Facebook Quentin Le Bussy ? Outre l’occupation intempestive des pistes cyclables par les voitures, le conseiller communal Vert Ardent évoque également dans sa vidéo les gens “garés comme des merdes” (en faisant référence ici à un mouvement de contestation éponyme et au #gcum), le “squat des places riverains” et les “deux roues sur le trottoir là où ça ne peut pas”.

En gros, on a compris que ce n’était pas un petit morceau. L’arrivée dans les rues de cette technologie suscite les commentaires, surtout sur les réseaux au moment de l’annonce. Laissons le temps aux scancars d’effectuer leurs premiers kilomètres. N’hésitez pas à nous le faire savoir si vous avez appris que votre plaque était plus photogénique que les autres !

Sébastien Varveris

2 réponses sur « Scancars : souriez, vous êtes scannés »

Effectivement, comme le pointe Quentin Le Bussy, si ça permet d’entraver les comportements sauvages (et pas la circulation), c’est pas mal mais vont-ils s’y frotter ? Une peut patrouiller non-stop bld de La Sauvenière dans ce cas.

Merci pour ton commentaire, Romain. Que constates-tu précisément, boulevard de la Sauvenière ?

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